Pauline Perrier : Romancière et étudiante, un parcours atypique qui promet un bel avenir.

Pauline Perrier est une jeune auteure de 22 ans. Originaire de Nîmes, elle jongle entre son école de marketing et l’écriture. A 17 ans, elle a gagné le prix de la relève littéraire de St-Jean-Port-Joli et en février 2017, elle a sorti son premier roman, La brèche.

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Laure MIGUET : Bonjour Pauline, en découvrant ton univers, on s’aperçoit assez vite que tu as plusieurs activités. Peux-tu nous les décrire rapidement ?

Pauline Perrier : Bonjour Laure, en effet je jongle entre plusieurs activités. D’abord, je suis étudiante en marketing à Toulouse Business school, ensuite j’effectue pas mal de missions de web-rédaction en freelance et enfin je suis auteure.

L.M : Tu exprimes assez souvent un caractère différent des jeunes de ton âge. Est-ce-quelque chose dont tu as souffert étant jeune ?

P.P : On peut dire que j’ai toujours été un peu perchée, c’est vrai… Au collège ce n’était pas toujours évident, mais je pense que c’est une période difficile pour tout le monde.

L.M : Tu dénonces parfois un manque de créative et de liberté dans les études. As-tu le sentiment d’avoir trouvé complètement ta voie ?

P.P : Pas tellement en fait, j’aime bien les études que je fais, mais il n’y a que l’écriture qui me fasse vraiment vibrer. Or, c’est extrêmement difficile d’en vivre, et les débouchés d’études plus littéraires sont trop restreints. J’ai fait une hypokhâgne-khâgne où l’environnement était super stimulant, avec des profs passionnés et passionnants, puis je suis entrée en école de commerce et l’environnement était beaucoup moins créatif. Heureusement, les stages que j’ai effectué en parallèle me confortent dans l’idée que j’ai fais le bon choix et que même si je m’ennuie dans les amphis, je pourrais exercer des métiers qui me plaisent. Mais bon, pour être honnête, j’espère que l’écriture pourra devenir ma principale activité !

L.M : A 17 ans, tu as gagné un prix pour l’une de tes nouvelles. Quel sentiment as-tu ressenti à cette annonce ?

P.P : C’était pour un poème. Alors d’abord, j’ai été très surprise, puis j’ai couru dans la maison pour l’annoncer à mes parents : j’avais besoin de le dire pour y croire. C’était au Canada, il y avait pas mal de participants, alors je ne voyais pas comment moi, petite française de 17 ans, j’avais une chance de gagner quoi que ce soit.

« Je n’aime pas me forcer pour que l’écriture reste un refuge et ne devienne pas une contrainte, mais je fais en sorte que tous ces éléments qui peuvent me démotiver ne restent pas au milieu de mon chemin trop longtemps. » Pauline Perrier


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L.M : L’écriture, qui est ta plus grande passion, est quelque chose de très difficile. Il faut beaucoup de concentration et de patiente. Que fait-tu lorsque tu te démotives ?

P.P : Je me mets des coups de pied aux fesses. Je ne compte pas les fois où je me suis dit que mon travail était médiocre, que ça n’intéresserait jamais personne… Puis il y a les tracas du quotidien, l’agitation qui m’entoure qui peuvent faire que j’ai du mal à me replonger dans mon univers, et donc à écrire. Quand ça coince, j’essaie de savoir laquelle de ces raisons est en cause, je vais faire un tour, prendre l’air, lire un peu pour voyager dans un autre univers et décompresser, puis je me mets un grand coup de pied au derrière pour reprendre mon texte et avancer. Disons que je n’aime pas me forcer pour que l’écriture reste un refuge et ne devienne pas une contrainte, mais je fais en sorte que tous ces éléments qui peuvent me démotiver ne restent pas au milieu de mon chemin trop longtemps. Vouloir écrire, c’est savoir prendre ses peurs à bras le corps et fouiller ses tripes, même quand le moment ne s’y prête pas forcément.

L.M : Comment as-tu réussi à te faire publier ? Tu évoques que le monde de l’édition est un milieu un peu fermé. Quels sont tes conseils pour quelqu’un qui aimerait suivre ta voie ?

P.P : Je ne saurais dire ce qui a fait que mon manuscrit a été retenu et pas un autre… Ce qui est certain, c’est qu’il faut retravailler son texte, encore et encore, ne pas avoir peur d’en couper des morceaux, et qu’il faut vérifier minutieusement que tout est cohérent. Ensuite, si on pense vraiment que son texte vaut le coup que quelqu’un paye pour lui, alors on se met en quête d’un éditeur. Pour cela, il faut cibler des maisons qui ont une ligne éditoriale dans laquelle entre votre texte. Si vous envoyez du fantastique à un éditeur qui publie de la non-fiction ou de la psycho etc., forcément vous essuierez un refus, quelle que soit la qualité de votre texte. Donc, vraiment, le plus important, c’est de bien étudier les maisons à qui vous soumettez le texte, de lire leurs ouvrages, de s’informer sur leurs collections… Vous vous éviterez bien des refus et ferez des économies de timbres. Aussi, il faut rester sobre sur la présentation, aérer le texte, éliminer le maximum de fautes et éviter les tournures de phrases hasardeuses. Ça peut sembler logique comme ça, mais pour avoir réceptionné des manuscrits dans une petite maison, je vous assure qu’énormément de textes sont à peine lisibles.


Découvrir le site de Pauline, où elle publie aussi quelques nouvelles !

L.M : Ton roman, La Brèche, as été publié en février 2017. Peux-tu révéler combien de temps tu as passé à l’écriture ? Est-tu sur un nouveau projet désormais ?

P.P : Pour ce roman, j’ai connu un processus d’écriture très différent de celui auquel j’étais habituée. En fait, l’idée m’est venu mi-2015, mais je n’ai pas eu le réflexe de prendre la plume. J’ai changé de ville, intégré une nouvelle école, vécu des tas de nouvelles choses, et toute cette agitation me coupait de l’écriture, alors que j’avais cette idée qui ne me quittait pas. J’ai écrit un premier chapitre au cours de cette année de licence, qui n’a plus grand chose avoir avec le premier chapitre actuel, puis je me suis contentée d’écrire cette histoire dans ma tête (les personnages et l’univers me collaientLa-breche vraiment à la peau). C’est en juin, les cours terminés et mon stage ne commençant qu’en août que j’ai pris le temps de mettre toutes ces idées à plat, d’écrire un scénario, puis de me lancer pour de bon. Et comme j’avais toutes les clefs en main, ça a été très rapide : j’ai fini La Brèche le 23 juillet 2016 (c’est d’ailleurs pour cela qu’il y a 23 chapitres !). Donc une petite année pour faire mûrir l’idée et deux mois d’écriture pour lui donner vie. Pour ce qui est du nouveau projet, cette fois j’ai réussi à écrire en parallèle de mes stages et de ma scolarité et, après 7 mois de travail (mais comme pour La Brèche, cela faisait déjà quelques mois que j’avais l’idée en tête), j’ai enfin mis le point final de cette nouvelle histoire.

L.M : Les premiers retours sur ton livre ont il été une angoisse ? Comment as-tu appréhendé cette étape ?

P.P : Oula ! Oui, l’angoisse totale. Je n’ai vraiment pas l’habitude de faire lire mes textes, et j’avais envoyé La Brèche à des éditeurs sans en parler à personne. D’ailleurs, le manuscrit n’avait eu qu’un seul bêta-lecteur avant ces envois. Donc c’était un très, très grand saut de révéler tout à coup un roman, et que tout mon entourage se mette à le lire. Le moment où j’ai vraiment stressé, c’est quand la booktubeuse Luna Lovebooks a chroniqué La Brèche. Elle était la première a publier sa critique, et le sous-titre de sa vidéo annonçait « 3 lectures, dont une déception », donc bien sûr j’étais persuadée que c’était La Brèche qui l’avait déçue. J’étais fébrile en pressant le bouton play, je crois que même pour le bac je n’ai pas autant stressé. Puis quand j’ai entendu que mon roman était son coup de coeur, et tous les propos élogieux qu’elle tenait dans sa vidéo, j’avoue avoir versé ma petite larme… C’était le soulagement, parce que se faire publier ne suffit pas. Si on veut continuer dans cette voie, il faut trouver ses lecteurs et je crois que c’est encore plus dur que d’être édité, compte tenu de la quantité de livres sur le marché. Pour ce qui est d’appréhender les critiques, je n’ai pas encore eu de retours négatifs, personne n’a descendu le livre sur la Fnac ou autre, et je n’ai pas reçu de messages pour me signifier une quelconque déception, mais si le livre se fait connaître un peu plus je devrais forcément faire face à des critiques. Je m’y prépare en songeant que certaines personnes détestent Harry Potter ou le Petit Prince, alors que l’un est un succès mondial et l’autre un pilier de la littérature. Du coup, je me dis que tous les goûts sont dans la nature et que ça fait partie du jeu. (Mais franchement, les gens qui n’aiment ni Harry Potter, ni Le Petit Prince, faudra qu’on prenne un café pour que vous m’expliquiez, un jour…)

L.M : Et enfin, quel est ton prochain événement important ?

P.P : Samedi 27 mai je serai en dédicaces au salon du livre de Milhaud (30) puis le 7 juin à la bibliothèque de Vergèze pour une dédicace/conférence !

Laure Miguet


Tu peux lire le premier chapitre de La brèche, qui est accessible en libre lecture. 

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